Anémie, Comment la traiter ?
L’anémie est la diminution du nombre des globules rouges dans le sang (l’hémoglobine porte l’oxygène). Elle est responsable d’une sensation de fatigue qui peut s’accompagner de troubles de la mémoire et de tendance dépressive. S’y associent parfois une chute de cheveux, des palpitations, des vertiges, des infections plus fréquentes…
Bref, ce mal n’est pas à prendre à la légère.
Sommaire :
- La maladie et son impact
- Les principales causes
- Comment faire le diagnostic ?
- Des complications possibles
- Manque de fer : les aliments à priviégier
- Comment traiter ?
La maladie et son impact :
L’anémie est un état qui survient lorsque les globules rouges n’apportent plus suffisamment d’oxygène aux tissus de l’organisme.
L’anémie affecte tous les groupes de population. Toutefois, les femmes enceintes et les jeunes enfants constituent les groupes les plus prédisposés.
Dans sa forme la plus bénigne, l’anémie est “silencieuse”, sans symptômes. Dans sa forme la plus sévère, elle est associée à la fatigue, à la faiblesse, à des vertiges et à un état de somnolence. Les signes comprennent la perte de la couleur normale de la peau (chez les personnes à peau claire) ainsi que des lèvres, de la langue, du lit de l’ongle et des vaisseaux sanguins dans le blanc de l’oeil.
Sans traitement, l’anémie peut s’aggraver et devenir une cause sous-jacente de mauvaise santé chronique, telle que le ralentissement du développement fœtal pendant la grossesse, le retard de développement cognitif et le risque accru d’infection chez les jeunes enfants, ainsi que la diminution des capacités physiques chez tous.
Les nouveau-nés de faible poids à la naissance, les jeunes enfants et les femmes en âge de procréer ont besoin d’une quantité de fer 2 à 3 fois plus importante que celle dont ont besoin les hommes ou les femmes plus âgées.
Les principales causes :
Les principales causes de l’anémie sont nutritionnelles et infectieuses. Celles-ci coexistent habituellement chez le même individu et aggravent l’anémie.
Parmi les facteurs nutritionnels qui contribuent à l’anémie, le plus courant est une carence en fer. Elle est due à une alimentation monotone, mais riche en substances (phytates) qui inhibent l’absorption du fer de telle manière que le fer ne peut être utilisé par l’organisme.
La carence en fer peut également être aggravée par un mauvais état nutritionnel, notamment lorsqu’elle est associée à des carences en acide folique, en vitamine A ou B12, comme c’est fréquemment le cas dans les populations qui vivent dans les pays en développement.
En ce qui concerne les infections, le paludisme est une autre cause majeure d’anémie : il touche 300 à 500 millions de personnes, et dans les zones endémiques, il peut être la cause primaire de la moitié de tous les cas d’anémie sévère.
L’ankylostomiase, et dans certains endroits, la schistosomiase, contribuent également à l’anémie. Environ 44 millions de femmes enceintes sont atteintes d’ankylostomiase et 20 millions de personnes sont gravement touchées par la schistosomiase.
L’anémie peut également être due à une perte de sang excessive, comme dans les infections gastro-intestinales associées à la diarhée. Les causes les plus importantes d’anémie associées à l’eau sont la malnutrition et les infections propagées ou véhiculées par l’eau.
Comment faire le diagnostic ?
Quand il y a une anémie, des signes sont présents, tes que la pâleur de la peau et de la conjonctive des yeux, une fatigue, un essoufflement au moindre mouvement, une tachycardie (c’est-à-dire le coeur qui bat trop vite)… Ces signes sont dus à la diminution de la quantité d’oxygène dans le sang.
Pour faire le dignostic d’anémie et évaluer son importance, il faut faire d’abord un prélèvement sanguin pour faire une numération formule sanguine “NFS”.
Le dignostic d’anémie est fait devant la diminution de 1 ou 3 des constantes suivantes : le nombre de globules rouges, la concentration en hémoglobine, l’hématocrite qui est le rapport entre le volume des globules rouges et le sang total (sérum + hématies). Par la suite, il est possible de demander un dosage du fer sérique.
Les autres examens sont beaucoup plus délicats : dosage de vitamines, myélogramme, recherche d’anticorps anti-globules rouges…
Des complications possibles :
En général, l’anémie est réversible, grâce aux traitements existant.
Dans l’anémie du nouveau-né, par contre, la mort fœtal est fréquente.
Dans le cas de l’anémie pernicieuse (manque en vitamine B12), les complications peuvent être d’ordre neurologique, vu que la vitamine B12 agit également sur les nerfs.
Une insuffisance rénale peut survenir dans le cas d’anémie hémolytique.
Manque de fer : les aliments à priviégier :
Manger plus de fer, oui, mais encore faut-il savoir où le trouver dans l’alimentation, en dehors des algues. Ce qui contient le plus de fer, en fait, c’est le sang et la chair des animaux, donc rien de tel que la viande rouge pour se requinquer.
Privilégiez la viande rouge et bien saignante d’une manière générale, le foie, qu’il soit de veau ou de volaille, les abats et le boudin noir.
Coquillages, crustacés, poissons garantissent également un bon apport en fer.
Haricots blancs, épinards, persil et fruits secs (abricots notamment) devraient aussi vous aider à reconstituer vos réserves.
Certaines anémies sont des maladies aiguës où tout rentre dans l’ordre dès que la cause est connue et traitée. D’autres anémies sont des maladies complexes, souvent difficiles à sagner, parfois incurables. Les anémies par carence sont souvent évitables en particulier l’anémie de la grossesse que l’on peut prévenir grâce à une alimentation variée et équilibrée et l’éventuel apport complémentaire de fer et d’acide folique.
Comment traiter ?
En premier lieu, lors d’anémie, il s’agira de traiter les symptômes : arrêter les hémoragies (menstruations, ulcères). Ensuite, on traitera les causes de l’anémie : supplémentation en acide folique, en vitamine B12 ou en fer.
Les médicaments et les soins contre l’anémie sont les suivants :
Anémie pernicieuse ou mégaloblastique :
En plus de traiter la cause (malabsorption de vitamine B12), il s’agira de fournir au malade cette substance manquante sous forme de comprimés (par voie orale) ou sous forme parentérale (par injection).
Anémie ferriprive :
Le traitement consiste en un apport de fer par voie orale (par exemple Tardyferon®, Ferro® sanol). Le traitement se fait durant 6 mois en principe.
Anémie hémolytique :
Vu le nombre de causes de cette sorte d’anémie, il s’agira dans un premier temps d’en trouver les origines. Si l’anémie est due à un médicament, par exemple, il faudra commencer par arrêter le médicament toxique. Ensuite, on pourra contrecarrer la déficience en globules rouges par une transfusion.
Anémie du nouveau-né :
Les femmes enceintes sont toutes diagnostiquées afin d’éviter une incompatibilité Rhésus. Les femmes présentant cette iincompatibiité, recevront une injection de Rhophylac®, médicament contenant des immunoglobulines (lg). Ces lg sont déstinés à contrer les anticorps de la mère, afin d’éviter l’anémie chez son fœtus.
Chez le nouveau né souffrant d’anémie déclarée, il sera parfois nécessaire de procéder à une transfusion.
Quand on manque de fer…
Lors de supplémentation en fer, il s’agit d’assurer une bonne absorption de cette substance. Le fer est mieux assimilé lorsque la personne est à jeûn. Cependant, le fer peut provoquer des nausées et des vomissements. Ainsi, il est préférable, dans ce cas, de prendre la préparation à base de fer en même temps qu’un repas. A noter que les préparations à base de fer peuvent colorer les selles en noir. Il ne faut donc pas s’inquiéter lorsque le cas se présente.