Insomnie quand tu me tiens…

Les menaces de l’insomnie sur la santé sont bien réelles.Tomber dans le sommeil avec difficuté, c’est de plus en plus courant. Alors forcément, on ne se soucie guère des conséquences que peuvent avoir de légers troubles du sommeil. Du petit ennui passager aux difficultés chroniques, cela s’appelle souvent l’insomnie. En 2008, le phénomène concernait plus de 30% des Français.
Les spécialistes sont formels : de plus en plus de patients évoquent, au détour d’une consultation classique, leur difficulté à trouver le sommeil ou à faire des nuits réparatrices. Pourquoi le sommeil se fait-il rare ? Qu’est-ce qu’un trouble de sommeil ou une insomnie ? petit tour d’horizon.

Sommaire :

Du “Je dors mal ces temps-ci” à “Je ne dors plus depuis plusieurs semaines”, on s’est tous déjà plaint de la qualité de son sommeil. De là à s’inclure rapidement dans le clan des insomniques au risque de faire monter la pression pour pas grand chose, soyons clairs : on parle véritablement d’insomnies ou de troubles du sommeil lorsqu’il y a une baisse importante quantitative ou qualitative de cette période de repos, avec de sérieuses conséquences sur les activités de la journée. Et là encore, il est important de savoir distinguer entre insomnies occasionnelles et insomnies chroniques.

Insomnies occasionnelles ou… chroniques
Nous sommes tous un jour où l’autre confrontés à ce phénomène et n’importe quel bon dormeur peut souffrir d’insomnies pour une durée allant de quelques jours à quelques semaines, mais dont l’origine reste heureusement attribuée à une cause bien identifiable : deuil, stress psychologique, fatigue intense, mauvaise hygiène de vie.
Ces insomnies sont relativement “banales” jusqu’à ce qu’elles dégénèrent en problème chronique. Lorsque la notion de durée s’installe, on parle effectivement d’insomnies chroniques qui peuvent aller jusqu’à durer des mois voire des années. Dans ce cas précis, l’insomniaque a le plus souvent épuisé les recours habituels et mérite tout simplement une prise en charge spécialisée. Là, pas de doute sur le fait qu’il faille directement mettre le phénomène sur le compte de problèmes médicaux, psychiques ou carrément psychiatriques.
En règle générale, les troubles anxiodépressifs représentent la cause la plus fréquente des insomnies chroniques. La majorité des patients dépressifs se plaignent de ne pas pouvoir dormir tandis qu’à l’inverse, les insomniaques chroniques souffrent de dépression grave. D’autres maladies neuropsychiatriques peuvent être responsables d’insomnies chroniques, comme la maladie d’Alzheimer, la psychose maniaco-dépressive ou la maladie de Parkinson. Et puis, parmi les causes physiques, les douleurs chroniques ou l’alcoolisme sont des causes fréquentes de mauvais sommeil.

Notre horloge biologique est-elle en cause ?
Des difficultés à s’endormir peuvent aussi être le fait d’un dérèglement de notre horloge biologique. Nous sommes tous programmés génétiquement pour dormir la nuit et mener nos activités pendant la journée et à ce titre, l’alternance entre le jour et la nuit reste l’un des plus puissants synchroniseurs de notre rythme biologique.
Dans certains cas, notre horloge lorsqu’elle se dérègle, avance : cette phase concerne principalement les personnes âgées qui se couchent et se lèvent tôt. Les phases de retards concernent plutôt les adolescents et les jeunes adultes dont le rythme de vie décalé les amènent à se coucher souvent tard et dormir le jour, les obligeant à se contenter d’un sommeil perturbé, peu ou pas réparateur. Or, ces perturbations peuvent demeurer des années après, même si l’on revient à un rythme de vie normal.

Quels sont les méfaits de l’insomnie ?
Ils sont nombreux ! Inutile de le rappeler, le manque de sommeil est responsable de fatigue, de manque de concentration et à long terme, d’une véritable fragilisation de l’organisme et de la qualité de vie. Somnolence diurne, irritabilité, sentiment d’exclusion, dépression, les menaces de l’insomnie sur la santé sont bien réelles.

Fréquent mais compliqué à détecter… Le syndrome de l’apnée du sommeil
Celui ou celle qui en souffre n’en garde aucun souvenir au réveil si ce n’est une grande fatigue physique, plus que légitime. L’apnée du sommeil se définit comme des pauses respiratoires nocturnes dues à un mauvais passage de l’air dans le pharynx qui réveillent brièvement, mais parfois plus d’une centaine de fois par nuit ! La qualité du sommeil s’en trouve fortement diminuée et l’on se reveille avec la sensation d’être encore plus fatigué qu’en étant allé se coucher.

Quand l’obésité ou le diabète sont en cause…
Des études menées par de grands diabétologues américains ont révelé que les insomniaques auraient plus de risques de developper un diabète ou de souffrir d’obésité. Le manque de sommeil agissant sur le métabolisme des sucres et sur une eventuelle résistance de l’organisme à l’action de l’insuline : les “petits dormeurs”, c’est à-dire ceux qui dorment moins de six heures par nuit, sécéteraient 40% d’insuline en plus que les gros dormeurs ! Il y aurait donc un lien direct entre le manque de sommeil et un état d’insulinodépendance, elle même à l’origine d’une certaine forme de diabète.

L’insomnie chez les femmes… Une question d’hormones ?
Chez les femmes, les dérèglements hormonaux que provoque la ménopause peuvent être mis en cause ! Plus précisément, c’est selon les spécialistes la période de la périménopause qui est une période clé pour détecter le phénomène, car elle se traduit par un véritable chamboulement hormonal. Ainsi, ce qui pourrait expliquer que la qualité du sommeil se détériore pendant la période précédant la ménopause, c’est la baisse progressive des taux d’estrogènes dans le corps et les variations hormonales qu’il subit notamment au cours de l’ovulation.

Et le facteur psychologique ?
L’insomnie chronique peut rapidement devenir, lorsqu’elle n’est pas décelée ou traitée, un facteur conduisant à de vrais troubles psychologiques, mais… l’inverse est également vrai puisqu’elle peut accompagner des troubles psychologiques ou psychiatriques.
Le manque de sommeil étant parfois fréquent chez les personnes dépressives, anxieuse ou les personnalités dites névrotiques. On peut d’ailleurs associer un type d’insomnie à un trouble précis. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’insomnie dont souffrent les anxieux ou névrotiques se situe généralement en début de nuit alors que les patients dépressifs s’endorment très bien pour se réveiller tôt et éprouver des difficultés à s’endormir d’où la sensation d’une nuit blanche.

Et si vous changiez de literie ?
La literie (fermeté du matelas, taille…) joue un rôle considérable sur le repos et la forme pour entamer une nouvelle journée. Or, parmi les facteurs évoqués pour expliquer les troubles du sommeil, la literie est bien souvent oubliée. La bonne moyenne étant de 7 à 10 ans pour changer son matelas. Un couchage neuf augmente non seulement la qualité du sommeil, mais également nos activités quotidiennes. Ca donne à réfléchir, non ?

Parlez-en à votre médecin..
Le stress, la fatigue, le manque de sommeil, c’est selon nous normal. Il nous suffit de faire avec, car nous n’avons pas le choix et que cela paraît tout simplement banal. Pourtant, une consultation médicale peut suffire à déceler l’origine du problème. Si nécessaire, parlez-en à votre médecin traitant.
Aujourd’hui, tous les professionnels de la santé ont un véritable rôle à jouer pour sensibiliser leurs patients sur l’importance d’un bon sommeil et des conditions effectives de votre repos.

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