Ces peurs qui nous freinent

La peur est un sentiment de défense normal et indispensable à notre survie. Elle nous informe des dangers, éveille notre attention pour que nous trouvions rapidement la réponse appropriée à une menace. Pourtant, il arrive que certaines peurs, plus intenses et plus enfouies que d’autres, nous submergent à un tel point qu’elles nous empêchent de vivre.
Quels sont les mécanismes qui régissent ces comportement inconscients ?

affrontez vos peurs au lieu de les fuir !Sommaire :

La peur de l’échec
Ce qui est fondamental chez tout être humain, c’est d’être aimé et reconnu. Qu’elle soit positive ou négative, cette reconnaissance est indispensable à la constitution de l’individu et surtout durant l’enfance. L’enfant a en effet besoin de repères et d’interdits, à condition que cela soit expliqué avec patience pour l’aider à évoluer positivement. Une erreur, une maladresse ne font pas de lui une personne nulle, mauvaise ou déplaisante, mais parfois il y a confusion dans son esprit. Et si la reconnaissance négative exercée par les parents se fait trop intense ou trop régulière, l’enfant perd confiance en lui et est alors amené inconsciemment à des conduites d’échec. Il pense ne pas être digne d’être aimé, croit qu’il n’a pas de valeur et donc qu’il ne peut pas réussir, et cela rejaillit à l’âge adulte.

Les manifestations
Cette peur nous paralyse et nous fait abondonner avant même d’avoir essayé, ou alors elle nous fait saboter toutes nos chances de réussir. Peur d’être déçue ou de décevoir les autres, de souffrir, d’y croire inutilement… l’échec survient de la peur d’échouer. Un autre cas de figure apparaît lorsqu’une personne habituée à l’échec commence à se complaire dans ses défaites. Sa vie est alors organisée autour de ce manque de chance, de cette fatalité et il devient presque impossible de penser qu’il puisse en être autrement. Impossibe de casser les habitudes et surtout de pouvoir être reconnue “même” sans être une personne qui échoue.

La solution
Un travail sur soi est souvent nécessaire, avec l’aide d’un spécialiste (
psychologue, psychanalyste), qui nous aide à faire des liens avec notre propre histoire. Il est possible et même parfois essentiel de travailler d’un point de vue transgénérationnel. Car si le passé ne peut pas être changé, il est possible de se réconcilier avec. Le travail consistera également à travailler sur des mécanismes de pensée erronés afin d’en adopter de nouveaux qui permettront d’appréhender les situations différemment.

La peur de l’engagement
Lorsqu’on parle d’engagement, il ne s’agit pas seulement de relations
amoureuses, mais de prise de risque avec soi-même et avec autrui. La peur de s’engager c’est avoir peur de perdre ce qu’on imagine désirer et que l’on ne possède pas encore. Peur d’être insatisfaite et de ternir l’image de soi. D’où ces comportements d’évitement ou de fuite qui nous paralysent et qui nous permettent de ne pas avoir de choix à faire.
La peur de l’engagement trouve ses fondements dans nos expériences passées. Parmi les différents cas de figure, on retrouve la peur de s’engager envers soi-même et envers les autres ( ne pas respecter une parole donnée, ne pas respecter ses rendez-vous, rompre un contrat) ; la peur de s’engager en couple (soit qu’on ait connu des
divorces dans notre entourage ou une rupture douloureuse) ; la peur de devenir parent (peur des responsabilités qui en découlent) ; la peur de l’engagement professionnel (absentéisme régulier, démissions répétées, etc.).

La solution
Demandez-vous si vous êtes engagée dans une relation satisfaisante et si la peur que vous ressentez est liée à un passé qui reviendrait vous hanter. Sinon, peut-être que cette personne ou cette situation n’est tout simplement pas faite pour vous. Pour comprendre vos peurs, apprenez d’abord à les identifier : de quoi ai-je réellement peur ? Quel est le danger ? Quel est le pire scénario qui puisse m’arriver ? De quoi ai-je besoin pour me sentir rassurée ?
Essayez aussi d’apprivoiser et d’affronter vos peurs au lieu de les fuir
systématiquement. Se donner la possibilité de vivre des échecs est tout aussi constructif et renforce le sentiment de sécurité intérieure. C’est aussi se faire confiance dans ses propres capacités à faire face aux situations difficiles, plutôt que de les éviter.

La peur de l’abandon
La peur nous paralyse et nous fait abondonner avant même d'avoir essayé La peur de l’abandon nous ramène avant tout à la séparation initiale d’avec notre mère. Une peur infantile, qui s’empare de l’enfant lorsqu’il comprend que sa maman et lui font deux et qu’il doit renoncer à la fusion. Quand sa mère s’éloigne, le petit enfant se croit abandonné. Et il n’est pas rare que pour des raisons diverses et complexes nous revivions à l’âge adulte cette peur première. Peur d’être quittée par son mari ou son conjoint notamment. C’est que pour beaucoup d’entre nous , le partenaire joue symboliquement le rôle d’objet transitionnel. Quitter ou être quittée, c’est donc perdre cet élément rassurant et se sentir abondonnée.

Les manifestations
Le sentiment d’abandon se manifeste par l’expression d’une souffrance dans la relation à autrui et se caractérise par une grande tristesse, parfois accompagnée d’angoisses, de sentiments d’impuissance, etc. Il en résulte une attitude de dépendance excessive vis-à-vis du partenaire ou même des amis qui peut nous amener à nous comporter de façon dévalorisante. Afin de se protéger de ce sentiment certaines personnes éviteront de se lier durablement, de peur de revivre cette éxpérience douloureuse, tandis que d’autres se donneront corps et âme, tout en ayant la peur d’être abondonnés. A terme, ce sentiment
peut devenir un véritable handicap et une source de grande souffrance, avec de graves conséquences professionnelles ou affectives.

La solution
Pour se sortir de cette spirale, demandez-vous tout d’abord si ces doutes sont fondés. Laissez du temps et de l’espace à l’autre pour vous prouvez qu’il tient à vous. Relevez les marques d’attention manifestes au lieu de vous focaliser sur ses manques d’attention.

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